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Présentation

au service du blason

L'ACADÉMIE INTERNATIONALE D'HÉRALDIQUE
1949 - 2010
 
baron Pinoteau,
membre associé en 1955, académicien en 1964, secrétaire général de 1964 à 1988, membre du bureau,
vice-président (1991-2007), membre du bureau
 
(version remaniée d’un texte publié en 2009 dans la revue « Hidalguia »)
 
Par définition une académie est une société de gens de lettres, de savants ou d'artistes. S'agissant d'institutions scientifiques, celles-ci sont généralement créées par l'État et relèvent de lui. Mais il existe également des institutions de ce genre mises sur pied par l'initiative privée tant au niveau national qu'international. C'est le cas de l'Académie internationale d'héraldique (A.I.H.) destinée à grouper des spécialistes compétents en héraldique et représentant les diverses aires culturelles.
 
L'A.I.H. est la concrétisation d'un projet de Gaston Stalins, (1879-1952), un érudit belge résidant à Paris, qui s'était pris de passion pour l'art et la science du blason. Les premiers statuts de cette Académie furent rédigés à Paris le 9 février 1949. L'institution regroupa à l'origine sept personnes : Paul Adam-Éven, Charles Ariès, le comte Thierry de Limburg Stirum, Jacques Meurgey de Tupigny, Eugène Olivier, Louis Wirion et aston Stalins lui-même en tant que président. L'objet de cette association de droit français (loi de 1901) était alors limité à la centralisation des études héraldiques de France et de l'étranger et à leur diffusion.
 
Au décès de Paul Adam-Éven (1907-1964), qui avait succédé à Gaston Stalins à la présidence, une profonde refonte des statuts de l'A.I.H. fut entreprise à l'initiative du 3e président Léon Jéquier (1905-1996). Menée à bien par le vice-président Szabolcs de Vajay et le secrétaire général Hervé Pinoteau, elle transforma l'A.I.H. en une association internationale de droit suisse, dotée de la personnalité juridique, dont les nouveaux statuts furent adoptés par l'assemblée générale du 8 novembre 1965.
 
Aux sept membres fondateurs s'adjoignirent nombre de personnalités éminentes du monde du blason. Pour ne citer que quelques grands anciens, l'A.I.H. eut l'honneur de compter parmi ses membres : Mgr Bruno-B. Heim, spécialiste du droit et des coutumes héraldiques de l'Église romaine, Donald L. Galbreath, auteur d'un insurpassable manuel du blason, Ottfried Neubecker, grand héraldiste et vexillologue allemand, plusieurs hauts officiers d'armes d'Angleterre, de Belgique, de Danemark, d'Espagne, des Pays-Bas, de Suède, etc. etc. Alors que le fondateur avait limité à 40 les académiciens, leur nombre atteignit 50 en 1952 ; il fut ensuite porté à 60 en 1965, puis à 75 en 1980. En outre, l'Académie peut également agréer des membres associés, actuellement au nombre de 34. L'A.I.H. regroupe ainsi des représentants d'une trentaine de pays d'Europe et du Nouveau Monde et même, depuis peu, d'Afrique.
 
En 1999, l'Académie internationale d'héraldique a publié le Mémorial du jubilé 1949-1999 relatant son histoire et rendant hommage à tous ses anciens membres et exposant sa situation après cinquante années d'existence ; on y trouve en annexe un armorial figuré (dessins de J.-C. Loutsch) et blasonné de tous ses membres. Une médaille a également été frappée à cette occasion, reproduisant son emblème et les blasons de ses quatre présidents successifs, Gaston Stalins, Paul Adam-Éven, Léon Jéquier et Jean-Claude Loutsch.
 
La vocation internationale de l'A.I.H. s'est manifestée dès 1950 en patronnant la 4e réédition de l¹Armorial général de Rietstap (Lyon, Société de Sauvegarde historique). En 1952, elle a publié son Vocabulaire-atlas héraldique en six langues, français, anglais, allemand, espagnol, italien et néerlandais (Paris, Société du Grand Armorial de France). Dans cette même optique, l'Académie collabora durant plusieurs années à la rédaction du bulletin international Archivum heraldicum de la Société suisse d'héraldique, où elle fit paraître les "Jalons pour l¹étude de l¹héraldique" dans différents pays. En 1977, elle patronna une réédition du Manuel du blason de Galbreath, revue et complétée par le président Jéquier, ainsi que sa version allemande, Lehrbuch der Heraldik par Ottfried. Neubecker. Les résultats de certains travaux d¹importance rédigés par des académiciens ont été entre-temps publiés dans les Cahiers d¹héraldique du Centre national de recherche scientifique à Paris.
 
L'Académie avait participé, en 1970, à la constitution de la Confédération internationale de généalogie et d'héraldique. En 1981 ses représentants ont siégé au sein du Bureau permanent des congrès internationaux des sciences généalogique et héraldique, du fait qu'elle organisait depuis 1978 des colloques internationaux d'héraldique. On en compte actuellement quinze : le premier en Suisse, 3 en France, 2 en Italie et en Allemagne, 1 en Angleterre, en Autriche, en Belgique, en Espagne aux Pays-Bas, en Pologne et en Russie ; le 16e colloque s’est tenu à Verviers (Belgique) en septembre prochain. Les travaux de la plupart de ces rencontres ont été publiés à ce jour : Muttenz (CH) 1978, Bressanone/Brixen (I) 1981, Montmorency (F) 1983, Bruxelles (B) 1985 , Spolète (I) 1987, La Petite-Pierre (F) 1989, Cáceres (E) 1991, Canterbury (GB) 1993, Rothenburg o. d. Tauber (D) 1997, St-Pölten (A) 1999, Groningen (NL) 2001.
 
Dès 1965, l'A.I.H. avait envisagé de créer, grâce au mécénat, des prix destinés à honorer des travaux héraldiques de valeur internationale. Ce sont le prix São Payo (héraldique en général, 1965-1975), le prix Paul Adam-Éven (travaux consacrés aux armoriaux médiévaux, 1970), le prix Arvid Berghman (héraldique bourgeoise et municipale, 1971), le prix Amerlinck (bibliographie héraldique, 1975) et le prix Riquer (héraldique médiévale, 1984).
 
Au cours des années, grâce aux dons de ses membres et d'autres bienfaiteurs, l'Académie s'est constitué une importante bibliothèque héraldique. Celle-ci est consultable au Centre d'accueil et de recherche des Archives nationales (CARAN, 11 rue des Quatre-Fils, F-75003 Paris), mais l’adresse postale est : 60 rue des Francs-Bourgeois, F-75141 Paris cedex 03. Tous les livres envoyés doivent l’être à l’adresse de la présidence (cf.infra). Ce qui amène à préciser que :
  • le siège social de l'A.I.H. est situé au Musée d'Art et d'Histoire, 2 rue Charles-Galland, CH-1206 Genève, Suisse,
  • la présidence est au 176 Grand'rue, F-30270 Saint-Jean-du-Gard , France,
  • le secrétariat général, actuellement vacant, est assuré, par intérim, par le président de l’A.I.H.
  • la trésorerie est à l'Arisdörferstrasse 67A, CH-4410 Liestal, Suisse.

 

Après le Belge Stalins, le Français Adam-Éven, le Suisse Jéquier, le Luxembourgeois Loutsch et l'Allemand Nagel, le président actuel de l'Académie internationale est Michel
Popoff, conservateur en chef honoraire à la Bibliothèque nationale de France.
 
Les vice-présidents sont Nils G. Bartholdy, archiviste aux Archives royales de Danemark, et le Dr. Georg Scheibelreiter, assistant principal à l'Institut für Österreichische Geschichtsforschung ;
 
Le trésorier est le Dr Gaëtan Cassina, rédacteur pour la langue française aux Archives héraldiques suisses - Archivum heraldicum.
 
Les conseillers membres du bureau de l'Académie. sont de nationalité allemande, anglaise, belge, canadienne, française, portugaise, russe et suisse ; les anciens conseillers admis à l'honorariat sont allemand, anglais, belge, espagnol et hongrois.
 
Ce qui précède montre combien l'Académie internationale d'héraldique, à présent plus que sexagénaire, a su préserver son caractère transnational et fédérateur des études héraldiques dans le cadre des sciences humaines.