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Les anciens présidents

STALINS, Gaston Ferdinand Laurent

Né à Anvers (Belgique), le 3 septembre 1879, décédé à Paris le 11 novembre 1952; fils de Joseph Stalins et de Laurence Verschuylen ; époux de 1) Marie-Mathilde Willaeys, 2) Jeanne van Hemelryck; dont postérité des deux mariages.

Il était issu d’une famille Stalens, attestée au milieu du XVIIe siècle dans la région de Douai (Nord, France) et que l'on retrouve au début du XIXe siècle à Anvers, où le patronyme fut orthographié Stalins. Épris de culture française, comme la majorité de la bourgeoisie anversoise de cette époque, Gaston Stalins partit s’installer à Paris et y mit sur pied un atelier de gravure qui semble avoir connu une certaine prospérité.

D'autre part, son goût pour l’histoire et la généalogie l'avait amené à s'intéresser à l'importante famille flamande Stalins, anoblie en 1628 et éteinte au début des années 1880. De cette homonymie, il crut pouvoir déduire que sas propres ancêtres auraient constitué une branche oubliée de cette famille, dont il n'hésita pas à relever les armes aux trois briquets. À partir de 1931, il s'intitula baron, en se fondant sur une interprétation ambiguë, par un roi d’armes d’Espagne, du libellé de patentes d'augmentation d'armoiries accordées en 1660 à divers Stalins de Flandre. .

Dans le cadre de ses travaux généalogiques, il avait aussi entrepris de retrouver les origines et d’écrire l’histoire du briquet héraldique. Il publia le fruit de ses recherches à compte d'auteur en 1939, sous le titre Origines et histoire de la famille Stalins de Flandre, depuis le XIIe siècle, et du briquet héraldique dit “briquet de Bourgogne” ou “fusil de la Toison d’Or”. Un second volume compléta cet ouvrage en 1945 : Histoire, généalogie et alliances des Stalins de Flandre, depuis le XVIe siècle, et quelques considérations sur le briquet héraldique dit “briquet de Bourgogne” ou “fusil de la Toison d’Or”. Il éditera également un Armorial du briquet, reproduisant les écus des diverses branches des Stalins de Flandre et des principales familles et localités portant briquet dans leurs armoiries. Ces ouvrages ont surtout le mérite de réunir une fort abondante documentation iconographique et héraldique.

C'est ainsi que GastonStalins était peu à peu entré en relation avec des héraldistes de renom dans divers pays et qu'il fut à même de réunir quelques véritables spécialistes du blason au sein de l'Académie internationale d’héraldique, instituée par lui en février 1949 et dont il exerça la présidence jusqu’à son décès survenu trois ans et demi plus tard.


ADAM (dit aussi ADAM-EVEN), Paul

Né à Bar-le-Duc (Meuse, France) le 12 janvier 1902, décédé à Saint-Aubin-en-Bray (Beauvais, Oise) le 16 juillet 1964. Fils de Camille Adam, notaire, et de Marguerite Even : époux de 1) Marie-Louise Lefebvre, 2) Madeleine (des marquis) de Vassal-Rignac : sans postérité.

Docteur en droit de l’Université de Paris avec une thèse sur la Cour des Grands jours de Saint-Mihiel, il était président des avoués près la Cour d’appel de Paris et, également, officier de réserve d’état-major.

Dès les années 30, il avait créé l’instrument de travail qui lui a permis de préparer et de publier une série d’études sur les armoriaux médiévaux, qui ont fait de lui un maître de l’héraldique scientifique. Fouillant bibliothèques et archives, il a retrouvé de nombreux armoriaux parfois oubliés, ainsi que d’anciens traités manuscrits de blason. Les articles qu’il a publiés sur les Sceaux d’écuyer au XIIIe siècle (AHS 1951), Les fonctions militaires des hérauts d’armes (Annuaire 1957), Les usages héraldiques au milieu du XIIe siècle (AH 1963), Noblesse et chevalerie en France au Moyen Age et Chevalerie et héraldique (Armas e Troféus 1962, 1964) constituent les bases sur lesquelles il comptait pour expliquer les causes de la naissance des armoiries.

Paul Adam fut un des fondateurs de l’Académie internationale d’héraldique, avec le titre de conseiller juridique, et il succéda tout naturellement au président-fondateur, Gaston STALINS, à la mort de celui-ci en novembre 1952. Il était également vice-président de la Société française d’héraldique et de sigillographie, associé correspondant de la Société nationale des antiquaires de France, membre honoraire de l’Institut grand-ducal de Luxembourg (section historique) pour avoir édité l’Armorial des Duché de Luxembourg et Comté de Chiny de d’Hozier, membre d’honneur du “Herold” (Berlin), membre correspondant de la Société suisse d’héraldique, membre de l’Instituto internacional de genealogía y heráldica (Madrid) et de plusieurs autres sociétés savantes étrangères. Il avait activement participé aux congrès internationaux des sciences généalogique et héraldique, depuis celui de Madrid en 1955, jusqu’à celui de La Haye à la veille de son décès.

Une bibliographie sommaire de ses nombreuses publications et communications, s’échelonnant de 1934 à 1964, a été publiée dans Archivum heraldicum, n° 2-3 et 4/1964, par les soins du secrétaire général de l’A.I.H. Sa documentation et ses notes ont été déposées par sa sœur, Mme TOINET-ADAM, à l’Institut de recherche et d’histoire des textes (I.R.H.T.) à Paris, où elles forment le « Fonds Paul Adam » à la disposition des chercheurs.

En 1974, le respect de l’ordre alphabétique dans la liste des fondateurs lui a fait attribuer rétrospectivement le fauteuil n° 1.


JÉQUIER, Léon-Jean-Roland

Né à Neuchâtel (Suisse), le 11 mai 1905, décédé à Lonay (Morges, Vaud), le 20 mai 1996 : fils de Gustave Jéquier, égyptologue, membre correspondant de l’Institut de France (Académie des Inscriptions et belles-lettres), et de Marthe de Montet : époux de Suzanne Roussel, dont postérité.

Bachelier ès lettres à dix-huit ans, ingénieur diplômé en 1927, il exerça longtemps la profession d’ingénieur-conseil électricien. Membre de la Société suisse d’héraldique dès 1925, il entra à son comité en 1946 et en devint le vice-président puis le président de 1968 à 1971. A des titres divers, il appartint aussi à la Société d’histoire et d’archéologie du canton de Neuchâtel et à celle de Genève, à “Rhodania”(Association des préhistoriens, archéologues et numis-mates du bassin du Rhône), à la Société française d’héraldique et de sigillographie, où il était membre d’honneur, à la Société de sauvegarde des monuments anciens de la Drôme, etc.

Membre de l’Académie internationale d’héraldique dès décembre 1949, il fut appelé au bureau en 1952, après le décès du fondateur Gaston STALINS, et il accéda à la présidence en novembre 1964, succédant ainsi à Paul ADAM-EVEN. C’est sous son impulsion que l’A.I.H. prit le visage qu’elle a de nos jours. Il désira se retirer en 1980 : l’assemblée générale de Copenhague le nomma alors président d’honneur. Au cours de son mandat présidentiel, Léon JÉQUIERparticipa à la fondation de la Confédération internationale de généalogie et d’héraldique, dont il fut nommé président d’honneur en 1986.

Outre de nombreuses contributions aux Archives héraldiques suisses, à Archivum heraldicum, (cf. AHS, tables III/1932-1953 et IV/1954-1976), aux congrès internationaux des sciences généalogique et héraldique de

Berne, Vienne, Liège, Munich et Londres, Léon Jéquiers’était avant tout consacré, souvent en collaboration avec d’autres chercheurs éminents, à l’analyse et à la publication d’armoriaux anciens : on citera l’Armorial neuchâtelois (1939-1944), l’Armorial Wijnbergen (1951-1954), les Tables héraldiques de quelques armoriaux du Moyen âge (1975), l’Armorial Bellenville (1983). Il avait assuré en 1971 l’édition du travail de son prédécesseur et ami Paul ADAM, consacré à l’Armorial universel du héraut Gelre et il avait aussi mené à bien la réédition, revue et augmentée, du Manuel du blason de feu D. L. GALBREATHen 1977. Toujours actif, il avait un projet d’armorial des grands feudataires laïcs du Moyen Age. Trois mois avant son décès, il envisageait encore de publier une analyse de l’Armorial de Mandrot. Conformément à son désir, sa bibliothèque héraldique a été remise à l’Université de Lausanne. Une bibliographie complète de ses travaux reste à faire.

En 1974, on lui avait attribué le fauteuil n° 18.